Chapitre III
Notre éducation
L’éducation haredi restera indépendante, et nous y veillerons jalousement. Et à l’intérieur de notre propre maison, nous disons la vérité : nos enfants ont besoin d’enseignants mieux formés, de bâtiments sûrs, d’une aide réelle pour ceux qui peinent, et d’outils qui les serviront toute la vie.
L’éducation de nos fils et de nos filles dans la Torah et la crainte du Ciel, selon la voie juive traditionnelle, est l’un des fondements les plus importants de la continuité juive et de la pérennité d’une communauté fidèle à ses valeurs. Conscient de cette responsabilité, le mouvement de la Communauté Haredi s’engage pleinement à préserver l’indépendance de l’éducation haredi et à repousser toute ingérence extérieure indue.
En même temps, lorsque nous regardons en nous-mêmes avec honnêteté et responsabilité, nous devons reconnaître que bien des domaines du système éducatif haredi exigent une amélioration sérieuse et profonde. Nos enfants ont besoin de maîtres et d’éducateurs mieux formés, de bâtiments spacieux et sûrs, d’une aide professionnelle véritable face aux difficultés émotionnelles, scolaires et sociales, des savoirs fondamentaux et des outils pratiques qui les aideront plus tard dans la vie, et d’un solide filet de soutien pour réduire le risque de voir des enfants quitter le cadre scolaire.
Ce que nous ferons
1. Renforcer et régulariser les établissements scolaires : consolider la filière publique haredi (« Mamah »), qui permet aux garçons et aux filles de recevoir une éducation enracinée dans la Torah et la crainte du Ciel, accompagnée d’une préparation à une vie adulte responsable, dans un cadre correctement financé et contrôlé.
2. Indépendance et diversité : établir un large éventail d’établissements au sein du cadre public haredi, afin que chaque groupe de parents et chaque communauté puisse trouver un cadre éducatif conforme à sa tradition, à ses exigences et à son caractère propres. Chaque établissement fonctionnera selon une charte indépendante, adaptée à l’identité singulière de sa communauté.
3. La participation des parents : mettre en place des comités de parents efficaces, et encourager par des incitations les établissements qui associent les parents, de manière professionnelle et transparente, à la réflexion pédagogique et à l’éducation de leurs enfants.
4. L’égalité des ressources : éliminer complètement la situation inacceptable où des enfants sont contraints d’étudier dans des structures provisoires ou dangereuses. Chaque enfant doit avoir le droit d’étudier dans une classe aux normes et dans un bâtiment sûr et digne. Un programme stratégique national sera engagé pour la planification, le financement et la construction de bâtiments scolaires conformes pour la communauté haredi, selon des critères clairs et transparents, sans dépendre d’appuis politiques ou communautaires.
5. Sécurité et protection : déployer des programmes complets de protection dans tous les établissements scolaires, afin de créer un environnement sûr et de prévenir les violences physiques et verbales.
6. La formation des équipes éducatives : allouer des budgets importants à une formation de qualité et continue des enseignants, des éducateurs et des équipes professionnelles, avec, dans chaque établissement, des professionnels désignés capables de repérer les difficultés et les risques à un stade précoce.
7. L’éducation informelle : financer les mouvements de jeunesse, les cadres d’éducation sociale, les activités périscolaires, les colonies de vacances et les programmes d’enrichissement au sein de la communauté ; encourager l’éducation aux valeurs, à la responsabilité sociale et aux compétences relationnelles ; et promouvoir un vaste programme « Défis » pour faire progresser l’égalité des chances et la mobilité sociale.
8. La prévention du décrochage : développer et étendre des programmes professionnels pour éviter que des enfants ne quittent le système scolaire et pour répondre aux difficultés d’adaptation, selon une approche qui rapproche les enfants avec chaleur et renforce leur lien à la Torah par l’amour. Une attention particulière sera portée au passage du talmud Torah à la yeshiva, et de l’école primaire au lycée ou au séminaire, moments où les enfants sont particulièrement vulnérables.