Chapitre V
Une subsistance digne
Chaque foyer haredi mérite une subsistance digne et large. Cela commence dès l’enfance, avec des bases d’anglais et de mathématiques aux côtés de la Torah et de la crainte du Ciel, et se poursuit par une vraie formation pour ceux qui partent travailler en portant déjà une famille sur leurs épaules.
Le mouvement de la Communauté Haredi place au centre de son action le droit de chaque foyer haredi à une subsistance digne et stable. Sa vision est d’aider la communauté haredi à atteindre la sécurité matérielle, avec cette prière venue du cœur : « que Ton peuple, la maison d’Israël, n’ait besoin de dépendre ni les uns des autres, ni d’un autre peuple ».
Les fondateurs et les représentants du mouvement ont devant les yeux l’exemple inspirant des communautés haredi de la diaspora. On y trouve des dizaines de milliers de Juifs pratiquants qui allient avec succès la Torah et le travail : de généreux soutiens des institutions de la Torah, des hommes d’affaires qui mènent leurs affaires avec honnêteté, et des professionnels qualifiés qui gagnent leur vie par leurs propres efforts tout en restant pleinement attachés à la Torah et aux mitsvot.
La solution centrale commence par l’éducation. Chaque enfant haredi a droit à une éducation dans la Torah et la crainte du Ciel, accompagnée d’un socle solide dans les matières pratiques nécessaires à la vie adulte, au premier rang desquelles l’anglais et les mathématiques. Un enfant haredi qui reçoit ces outils dès son plus jeune âge aura une bien meilleure chance de faire vivre dignement sa future famille.
En parallèle, le mouvement fera avancer des solutions pour ceux qui entrent sur le marché du travail à un âge plus avancé, après de longues années consacrées à l’étude de la Torah, souvent lorsqu’ils portent déjà la lourde responsabilité de faire vivre une famille. Faute de formation et d’expérience professionnelle, beaucoup se voient contraints d’accepter des travaux pénibles et mal payés, et peinent durement à subvenir à leurs besoins. Le mouvement agira aussi pour eux, afin de les aider à atteindre la sécurité matérielle et à accomplir la parole de nos Sages (Kiddouchin 82a) : « Heureux celui qui voit ses parents exercer un métier estimable ».
Ce que nous ferons
1. Étendre les zones d’emploi et les centres d’orientation dans les localités haredi : renforcer et établir des centres d’emploi professionnels offrant formations avancées, cursus adaptés, orientation personnelle et aide au placement, aux côtés de programmes publics de soutien financier pour chaque homme ou femme haredi qui entre sur le marché du travail, vers une subsistance digne.
2. Former et placer dans la high-tech et les autres métiers à hauts revenus : établir des financements dédiés aux parcours de formation et de placement dans la high-tech et d’autres secteurs productifs et bien rémunérés. Ces programmes seront entièrement adaptés au mode de vie haredi, avec notamment des cadres séparés pour les hommes et pour les femmes, des horaires appropriés et un accompagnement individuel.
3. Des programmes pour les élèves et diplômées des séminaires : offrir aux diplômées des séminaires un large éventail de possibilités, des certifications professionnelles et qualifications techniques reconnues par l’État jusqu’aux filières paramédicales et aux études académiques adaptées, avec un financement public pour les formations pratiques offrant de réelles perspectives d’emploi et un accompagnement complet.
4. Des parcours d’études académiques et professionnelles pour les femmes et pour les hommes : rendre accessibles, près de chez soi, des cursus variés, cours courts, certificats, qualifications professionnelles et diplômes académiques, dans des conditions qui préservent pleinement, et sans compromis, les valeurs et les exigences des étudiants.
5. Une réforme des bons de formation pour combler les écarts : établir un programme de bons entièrement financé, permettant aux diplômés du système éducatif haredi de combler leurs lacunes et de suivre des classes préparatoires sans porter eux-mêmes le fardeau financier. Cela ouvrira les portes de l’enseignement supérieur et de l’emploi, au titre de la justice sociale.
6. Des incitations pour les employeurs et la diversification du marché du travail : encourager les employeurs à recruter des hommes et des femmes haredi, par des dispositifs d’incitation spécifiques pour les entreprises, la coopération avec les organisations patronales et un accompagnement professionnel rapproché, pour une intégration effective dans tous les secteurs de l’économie.
7. La représentation dans la fonction publique et le secteur public : corriger la grave sous-représentation des haredim dans les institutions publiques et gouvernementales, par des incitations à se présenter aux postes de direction, une représentation haredi appropriée dans les comités de sélection, et une plateforme de mise en réseau pour favoriser le recrutement de nouveaux employés haredim.
8. Des espaces de coworking haredi : créer des espaces de travail partagés et professionnels au sein des centres de population haredim, avec des normes appropriées de séparation et de pudeur. Ces espaces permettront aux entrepreneurs, aux indépendants et aux télétravailleurs de travailler dans un environnement convenable, près de chez eux, sans transiger sur leurs valeurs.